” Les journalistes sont des pièces maîtresses dans la systémique du Tourisme”
La Can 2024 prévue en Côte d’Ivoire approche à grands pas. Les acteurs s’activent. En prélude à cette fête continentale du football qui va mobiliser l’écosystème du Tourisme ivoirien (Hébergement, transport, restauration etc.), les animateurs de ce secteur se préparent à donner le meilleur d’eux-mêmes. Dans cette interview, Marcel Gougou Kouadio, président du Conseil d’administration du Réseau africain des professionnels du Tourisme (Rapt), précise les enjeux, situe le rôle de la presse et souligne la nécessité de promouvoir l’agro écotourisme en Afrique.
Quel est l’objectif de cette association ?
Il faut noter que l’Assemblée générale constitutive de notre organisation s’est tenue du 24 au 25 septembre 2021 en Abidjan avec la participation des pays frères, membres du Rapt à savoir bien entendu la Côte d’Ivoire, le Gabon, le Maroc, la République Démocratique du Congo, le Mali, le Tchad, Madagascar, le Sénégal, le Togo, le Burkina Faso, le Bénin, le Cameroun, la Tunisie, le Rwanda, le Congo Brazzaville, la Guinée, le Cap Vert, la Guinée Bissau, le Nigeria, l’Algérie, la Mauritanie et le Niger. L’objectif du Rapt c’est de faire du Tourisme un vecteur de développement durable en Afrique. Pour ce faire nous nous sommes assignés comme mission d’agir pour le développement et le rayonnement du Tourisme en Afrique. Afin d’en faire une priorité des politiques de développement d’une part et d’autre part, un outil de sauvegarde du tourisme culturel ainsi qu’un moteur de croissance économique, de réduction de la pauvreté et pourvoyeur d’emplois. Nous voulons faire vraiment la promotion de l’Afrique parce que l’Afrique est une destination prisée. Nous avons en tant que continent, les meilleures potentialités et curiosités touristiques en matière d’éco tourisme et culturelles. Mais, il faut valoriser. C’est pourquoi nous sommes engagés dans la promotion de toute forme de tourisme, surtout la forme de tourisme durable. C‘est-à-dire, un tourisme bénéfique aux populations locales, à l’environnement et au bien-être de la communauté.
Quels sont les grands axes des actions que vous avez mené durant cette première année de votre mandat ?
Au cours de cette année 2022, première année de notre mandat, nous avons jeté les bases de notre association qui est une jeune organisation. Comme actions, le Rapt a participé au Top Resa en France, avec une délégation. Le Rapt a pris part au Web Casablanca, le premier Forum africain du Tourisme, en qualité de panéliste pour parler des problèmes majeurs du secteur en Afrique, tel que la mobilité qui entrave la destination africaine. Et nous avons travaillé aussi sur les projets d’immersion, de l’éco-tourisme à l’école, où il faut sensibiliser la jeunesse estudiantine sur les emplois verts du Tourisme. Les jeunes s’orientent vers le Tourisme ou l’Hôtellerie. Mais, il y a l’Eco-tourisme qui constitue un gisement d’emplois verts. Si c’est bien exploiter, la Côte d’Ivoire et les pays africains peuvent en tirer profit.
Comment comptez-vous procéder pour en faire la promotion ?
Nous avons commencé cette année 2022 avec la formation de la jeunesse. Nous allons continuer jusqu’en mars 2023. Certaines formations vont s’orienter vers les journalistes. Car, ils sont des partenaires privilégiés de la promotion. Ce sont eux qui communiquent, donc ils doivent être formés. Lorsqu’ils sont bien formés, ils seront les ambassadeurs de l’éco-tourisme. Et c’est ce qui se passe dans d’autres pays.
Qu’est ce qui motive ce projet de formation des journalistes spécialisés en tourisme ?
Ma motivation est que les journalistes sont des pièces maitresses dans la systémique du Tourisme. Ils ne doivent pas être négligés comme on le voit dans certains Etats. Ce sont eux qui communiquent, qui parlent et qui font connaître les curiosités et les circuits. Il ne faut pas les négliger. Il faut qu’ils soient au centre. Un journaliste bien formé dans un pays qui a des objectifs de développement touristique est un avantage. Certains pays l’ont expérimenté ça marche. Lorsque les officiels se déplacent, ils vont avec des journalistes. Quand ils reviennent, ils font le retour en présentant ce qu’ils ont vu. C’est pourquoi je suis vraiment engagé cette année dans la formation des journalistes. Afin que les journalistes soient outillés en Tourisme et en éco-tourisme. Il faut que les journalistes soient des meneurs de projets touristiques, et soient des acteurs clés dans la promotion de la destination Côte d’Ivoire. Et nous voulons que la presse touristique écrive sur les sites touristiques de Côte d’Ivoire. Voilà la Coupe d’Afrique des nations (Can) qui approche. Des milliers de personnes viendront dans notre pays. Il faut qu’elles sachent ce que la Côte d’Ivoire a comme curiosité et sites magnifiques. Il faut donc se former dès maintenant. Pour mieux communiquer, il faut se former. C’est pourquoi, les jours à venir, le Rapt fera sa part. Les journalistes la leur.
Que pensez-vous alors du Réseau de la presse touristique et hôtelière de Côte d’Ivoire (Repthoci) ?
J’ai vu cette association naître. Je pense que cette association peut beaucoup apporter beaucoup, parce qu’au plan national, c’est à eux d’écrire. S’ils écrivent mal, la destination n’est pas vendue. S’ils écrivent bien la destination est vendue. Alors de ce fait, le Repthoci est une association majeure. Nous allons travailler avec le Repthoci dans le cadre d’un partenariat entre nos deux organisations. Nous allons former les membres du Repthoci. Et nous voulons placer le Repthoci au cœur de nos actions.
Quel appel avez-vous à lancer aux professionnels du Tourisme africain et aux journalistes ?
On parle d’un pays quand les journalistes parlent de ce pays. Les journalistes doivent prendre leur bâton de pèlerin. Nous avons l’un des plus beau pays du monde, avec des curiosités extraordinaires et magnifiques.
Interview réalisée à Abidjan par SERGE AMANY
