Les loueurs de véhicule occupent une place centrale dans l’écosystème du Tourisme. A quelques mois de la Can et des consultations électorales locales, ce secteur peu connu du grand public connaît des difficultés de tous ordres. Dans cette interview, Oumar Doumbia, secrétaire général du Patronat des loueurs de véhicules de Côte d’Ivoire, fait l’état des lieux, évoque les difficultés du secteur, parle de la distribution du Fonds Covid et fait des propositions pour une relance réussie de la destination Cote d’Ivoire.
Pouvez-vous nous présenter les missions du patronat des loueurs de véhicule de Côte d’Ivoire ?
Merci pour l’opportunité que vous nous offrez pour parler de notre corporation. Nous agissons lorsqu’il y a des activités de l’Etat. Nous sommes aussi, la locomotive du Tourisme. Nous sommes présents à toutes les étapes de l’activité tourisme. Depuis l’aéroport jusqu’aux sites touristiques en passant par les hôtels et espaces de loisirs, nous intervenons. Notre corporation est méconnue du grand public, mais nous sommes l’un des acteurs principaux du secteur du Tourisme.
Comment êtes vous structurés ; en termes de bureau, de délégations à l’intérieur du pays etc. ?
Nous avons un bureau avec des membres très actifs. Nous avons un comité ad ’hoc qui travaille sur le changement de dénomination de notre organisation. Nous avons fait le recensement sur le plan national. Notre organisation revendique une cinquantaine d’entreprises structurées membres, avec une flotte automobile globale d’environ 500 véhicules. Nous sommes très équipés en toutes les catégories de véhicules. Mais ce n’est pas facile. Les difficultés sont que la flotte est vieillissante. Nous ne recevons pas d’aide. Nous n’allons pas toujours crier vers l’Etat. Mais, les institutions financières, pour octroyer des financements, nous demandent souvent beaucoup trop de documents dont nous ne disposons pas.
La Côte d’Ivoire s’apprête à vivre des évènements très importants notamment la Coupe d’Afrique des nations de football (Can), les élections municipales, régionales et sénatoriales. Les loueurs de véhicules seront très sollicités. Comment est-ce que vous vous préparez à aborder ces grands rendez-vous ?
Nous les préparons avec beaucoup de sérieux. Nous avons même rencontré des structures qui sont venues du Cameroun. Il n’y a certains de nos membres qui parviennent à renouveler leur flotte. Donc que ce soit pour la Can ou les joutes électorales nous répondrons favorablement aux sollicitations.
Les loueurs de véhicules sont-ils pris en compte dans le vaste programme de renouvellement du parc automobile ivoirien initié par l’Etat de Côte d’Ivoire ?
Nous sommes partie prenante; mais ce programme concerne nos collègues des gares routières ou des transports en commun. Nous n’en n’avons pas bénéficié du moins pour le moment.
Le secteur du Tourisme a été frappé de plein fouet par la Covid-19. Comment le secteur des loueurs de véhicules que vous représentez a ressenti l’effet de cette pandémie ?
On a tout perdu. Le volume de l’activité a baissé. Nous enregistrons 70% de perte du chiffre d’affaires global de notre corporation. Le sinistre se chiffre à des sommes énormes. Mon entreprise par exemple Locabint & S. Sarl a perdu 50% de son chiffre d’affaires en termes de flotte et de liquidité etc. Je venais de sortir des nouveaux véhicules. Du coup, je ne pouvais plus travailler. A Locabint & S. Sarl qui est mon entreprise, les pertes se situent autour d’une soixantaine de millions FCFA.
Il y a été institué le Fonds Covid pour soutenir les acteurs du secteur du Tourisme. Les loueurs de véhicules ont-ils bénéficié de cette manne de l’Etat de Cote d’Ivoire ?
Nous avons été contactés. On nous a envoyé des données pour s’inscrire, mais nous n’avons rien eu jusqu’à ce jour. On n’a même pas eu de retour. Nous avons postulé. Nous avons donné tous les renseignements qu’il fallait, mais nous n’avons pas eu de retour à ce jour.
Aujourd’hui quels sont vos souhaits ?
On ne va pas tout mettre sur l’Etat. Si déjà l’Etat par le canal de notre faitière, la Fédération nationale de l’industrie touristique de Côte d’Ivoire (Fenitourci), peut s’entendre avec des institutions financières pour mettre en place un fonds de garantie pour nous permettre d’accéder aux financements afin de renouveler notre flotte, nous pourrons affronter les défis futurs.
Si vous aviez le président de la République ou le ministre des Transports en face de vous, qu’est-ce que vous allez leur dire ?

Nous allons parler d’abord de la concurrence déloyale. Quand par exemple, des institutions organisent des manifestations dans le pays, on ne nous contacte pas. Aujourd’hui, chaque ministère a son système informel de location de véhicule au noir. Nous voyons des personnes qui sont dans leur maison et qui font l’activité de de location de voiture ! Or, nous, nous avons des attestations d’exploitation. Nous avons tous les documents administratifs, mais pas de marchés. Nous ne connaissons pas ceux qui exploitent les offres. Les marchés sont mal distribués.
Que proposez-vous à ce niveau ?
Nous souhaitons vivement être informé de tout ce qui se passe. Quand il y a des marchés, qu’on avise d’abord la faitière, la Fenitourci, qui ensuite saisi le patronat des loueurs de véhicules. Et à nous de dispatcher des parts du marchés à nos membres. Ainsi, cela peut faire vivre des milliers de personnes.
Quel appel avez-vous à lancer à vos membres ?
Nous leur demandons de se faire recenser afin que le ministère puisse nous connaître. A cet effet, nous avons effectué une vaste tournée à travers tout le pays. Nous sommes passés à San Pedro, Korhogo, Yamoussoukro, Daloa etc. Nous avons de nombreux membres actifs. Nous avons commencé à nous connaître. Nous appelons d’autres aussi à venir vers nous. Pour qu’on puisse être en règle. Lorsqu’on est en possession de tous les documents que le ministère exige, je pense que nos préoccupations pourront être mieux adressées et trouver des oreilles attentives auprès du gouvernement.
L’actualité dans le secteur des Transports est marquée par le grave accident de la circulation qui a enregistré 14 décès et des dizaines de blessés graves, quel est votre lecture de cet évènement malheureux ?
Que les âmes des personnes décédées reposent en paix et prompte rétablissement aux blessés. Je pense qu’il faut former les conducteurs et bien réparer les véhicules. Bien assister mécaniquement les véhicules. La main d’œuvre doit être qualifiée. Les conducteurs doivent se relayer sur les longues distances à cause de la fatigue. Ils font parfois 1000 km en deux jours. C’est humainement déconseillé.
La compagnie fautive a été sanctionnée par le gouvernement, quel commentaire ?
J’apprécie. Ainsi, les responsables vont tout revoir. Je pense que c’était dû à la fatigue du chauffeur.
Quel est le regard que vous, jetez sur la promotion de la destination Côte d’Ivoire actuellement avec certains qui pensent qu’il y a une léthargie ?
Je suis du même avis que ces personnes. Nous sommes avec le tourisme local, qui lui-même peine à décoller ; et permettez-moi de saluer ici l’effort du gouvernement. À l’international, il n’y a pas assez de clients qui descendent de l’extérieur. Pour ce faire, il y’a beaucoup à faire et nous sommes prêts au niveau de la Fenitourci à apporter notre modeste contribution comme nous l’avons toujours fait au besoin.
Quelle est votre recette pour la relance de la destination Côte d’Ivoire et vos vœux pour le secteur en 2023 ?
Je souhaite pour 2023 la santé et la réussite de tous les acteurs du secteur des Transports en général et aux membres du patronat des loueurs de véhicules en particulier. Bonne année au ministre du Tourisme Siandou Fofana et aux acteurs. Que le ministre travaille beaucoup avec les acteurs. Qu’il écoute les acteurs de chaque discipline. Parce que nous avons l’impression qu’il n’écoute pas les acteurs. Nous ne savons qui d’autres il écoute, mais s’il écoute les acteurs je pense que cela peut contribuer grandement et véritablement à relancer le Tourisme en Côte d’Ivoire. Si non actuellement nous ne sentons pas véritablement les effets de la relance du secteur.
Interview réalisée par Serge AMANY et Parfait KRA

Merci pour l’interview de notre SG il faut écouter les loueurs de voitures, pour bouster le tourisme dans notre pays. Car ils sont au départ et à la fin du système merci.
Bel interview et une première dans notre corporation, à cet effet, je dit bravo au SG du patronat des loueurs de véhicules qui a brillamment répondu aux questions qui lui ont été posées. De mon avis personnel, je sens du répondant en lui, en ce!la nous sommes prêts à l’accompagner dans cette lancée ; une petite remarque que je veux faire, ce n’est pas que la coopération n’est pas méconnue, c’est d’institution forte qu’elle a besoin pour véritablement s’organiser, c’est dire que ce patronat est en même l’illustration ; que Dieu donne la force à ce patronat là dans toute sa plénitude.