Journée mondiale du tourisme 2026 : l’IA peut-elle transformer le tourisme ivoirien sans lui faire perdre son âme ?

À l’occasion de la Journée mondiale du tourisme, ce 27 septembre 2026, le Dr Pascald DJADOU appelle la Côte d’Ivoire à faire de l’intelligence artificielle un levier de progrès pour le secteur, sans perdre de vue sa dimension humaine. Pour cet enseignant-chercheur et consultant, l’avenir du tourisme ivoirien repose aussi sur la formation des professionnels, la valorisation des territoires et des retombées concrètes pour les populations locales.

MOT D’UN EXPERT À L’OCCASION DE LA JOURNÉE MONDIALE DU TOURISME 2026

En ce 27 septembre 2026, la communauté internationale célèbre la Journée mondiale du tourisme. Je voudrais, à cette occasion, adresser mes chaleureuses salutations à toutes celles et à tous ceux qui œuvrent quotidiennement à faire du tourisme un véritable instrument de développement économique, social, culturel et territorial. Cette journée ne doit pas être considérée comme une simple célébration. Elle doit constituer un moment de réflexion, d’évaluation et, surtout, de renouvellement de notre engagement collectif en faveur d’un tourisme plus performant, plus inclusif, plus durable et davantage ancré dans les réalités de nos territoires.

Le thème retenu cette année, consacré à l’agenda numérique et à l’intelligence artificielle pour repenser le tourisme, nous interpelle directement. Il nous invite à comprendre que la transformation numérique n’est plus une perspective lointaine : elle constitue désormais une réalité qui influence la manière de choisir une destination, de préparer un voyage, de réserver un hébergement, de découvrir un patrimoine, de gérer une entreprise touristique et de communiquer sur l’image d’un territoire. L’intelligence artificielle offre au secteur touristique de nouvelles possibilités : une meilleure connaissance des visiteurs, la personnalisation des expériences, l’amélioration de l’accueil, l’optimisation de la gestion des établissements, la traduction instantanée, la promotion numérique des destinations et l’accès rapide à l’information touristique.

Cependant, l’innovation technologique ne doit jamais nous faire perdre de vue l’essentiel : le tourisme demeure avant tout une rencontre humaine. Derrière chaque destination se trouvent des populations, des histoires, des savoir-faire, des traditions et des aspirations. Le numérique doit donc renforcer l’hospitalité, faciliter l’accès aux opportunités et valoriser les communautés, sans déshumaniser l’expérience touristique ni accentuer les inégalités. Pour la Côte d’Ivoire, cette célébration constitue un appel à l’action. Notre pays dispose d’une richesse exceptionnelle : une diversité culturelle remarquable, un patrimoine historique important, des paysages variés, une gastronomie généreuse, des traditions vivantes et des populations reconnues pour leur sens de l’accueil. D’Abidjan à Grand-Bassam, de Man à Korhogo, d’Assinie à San Pedro, de Yamoussoukro à Grand-Béréby, chaque territoire possède une identité capable de devenir une expérience touristique authentique et compétitive.

Mais disposer de potentialités ne suffit pas. Il nous appartient désormais de transformer ces richesses en produits touristiques structurés, accessibles, attractifs et commercialisables. Cela exige une gouvernance plus cohérente, une meilleure coordination des acteurs, des infrastructures adaptées, des investissements responsables, une promotion numérique efficace et une implication véritable des collectivités territoriales et des communautés locales. Cela exige également de placer la formation au centre de notre stratégie.

Nous ne construirons pas une grande destination touristique sans guides compétents, gestionnaires qualifiés, professionnels de l’hôtellerie et de la restauration bien formés, entrepreneurs innovants, communicants spécialisés et jeunes capables de maîtriser les outils numériques et l’intelligence artificielle.

En ma qualité de Tourismologue à fort capacité touristologique, d’Expert-consultant et de responsable d’un établissement de formation, je demeure convaincu que le capital humain constitue la première richesse du tourisme. Former la jeunesse, c’est préparer la compétitivité de nos destinations. Professionnaliser les métiers, c’est améliorer la qualité de l’accueil et des services. Soutenir la recherche, c’est permettre à nos décisions publiques et privées de s’appuyer sur des données fiables et une vision à long terme.

Le tourisme que nous devons bâtir doit également profiter davantage aux populations locales. Il doit créer des emplois décents, stimuler l’entrepreneuriat des jeunes et des femmes, soutenir les artisans, valoriser les producteurs locaux, préserver notre patrimoine et générer des ressources pour les collectivités territoriales.

Chaque territoire doit pouvoir identifier ses ressources, construire son identité touristique et développer des expériences capables de répondre aux attentes des visiteurs nationaux et internationaux. Le développement du tourisme ivoirien ne doit pas se concentrer uniquement dans quelques pôles. Il doit devenir un puissant levier d’aménagement et de dynamisation de l’ensemble de nos régions.

À l’occasion de cette Journée mondiale du tourisme, j’en appelle donc à une mobilisation collective.

  • Aux pouvoirs publics, j’adresse un appel en faveur d’une gouvernance touristique plus intégrée, plus territorialisée et davantage orientée vers les résultats.
  • Aux collectivités territoriales, je rappelle qu’elles doivent devenir des acteurs majeurs de la valorisation de leurs patrimoines et de l’attractivité de leurs destinations.
  • Aux professionnels, je lance un appel à investir dans la qualité, l’innovation, la formation continue et la transformation numérique.
  • Aux établissements de formation et de recherche, je demande de rapprocher davantage les enseignements des réalités du terrain et des besoins des entreprises.
  • À la jeunesse, enfin, je veux dire que le tourisme offre de nombreuses perspectives. Il ne se limite pas aux métiers traditionnels. Il englobe désormais le numérique, la communication, l’événementiel, la gastronomie, la culture, l’environnement, la logistique, l’entrepreneuriat, l’analyse des données et l’intelligence artificielle.

Chers acteurs du tourisme,

Le tourisme ivoirien possède un potentiel considérable. Mais son avenir dépendra moins de la beauté de nos ressources que de notre capacité à les organiser, à les protéger, à les raconter et à les transformer en expériences de qualité.

Faisons donc du numérique un outil d’inclusion.
Faisons de l’intelligence artificielle un instrument d’amélioration de nos performances.
Faisons de la formation le socle de notre compétitivité.
Faisons des communautés locales les premières bénéficiaires du développement touristique.
Et faisons du tourisme un véritable pilier de diversification économique, de cohésion sociale et de rayonnement international de la Côte d’Ivoire.

En cette Journée mondiale du tourisme, renouvelons notre engagement en faveur d’un tourisme responsable, innovant, humain et durable. Ensemble, transformons nos potentialités en expériences, nos territoires en destinations et notre hospitalité en une véritable force de développement.

Bonne Journée mondiale du tourisme à toutes et à tous.

Dr Pascald DJADOU
Enseignant-chercheur
Consultant en développement touristique, culturel et territorial
Directeur Général d’EXCELL’SUP
 

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