Cocody, samedi 8 août 2026. De l’adrénaline du karting indoor aux jeux aquatiques, en passant par la robotique, les ateliers créatifs et les expériences immersives, les parcs de loisirs de Cocody donnent à voir un secteur ivoirien en pleine mutation. À travers une tournée immersive, la Direction générale des Loisirs (DGL) du Ministère du Tourisme et des Loisirs est allée au contact des opérateurs et des usagers pour mesurer, sur le terrain, les forces et les défis d’une industrie appelée à devenir l’un des piliers de la stratégie « Sublime Côte d’Ivoire ».
Le constat saute aux yeux : à Cocody, le loisir n’est plus seulement synonyme de distraction. Il devient une véritable expérience, structurée autour d’investissements privés, d’offres diversifiées et d’une clientèle de plus en plus exigeante. Du Laser Park, avec ses 600 m² dédiés aux activités immersives, à son annexe proposant notamment le Laser Game et 600 m² consacrés au karting indoor, jusqu’à Abatta Village, installé sur plus d’un hectare en bordure de lagune, le circuit effectué par les équipes de la DGL révèle une offre qui gagne en densité et en professionnalisation.
À cela s’ajoutent le Splash Angré, positionné sur les loisirs aquatiques, Naïma Land à Playce Palmeraie et, véritable coup de cœur de la tournée, le Club des Génies à Bonoumin. Packages de jeux accessibles de 9 heures à 23 heures, paintball laser, figurines interactives, mini-montagnes russes, trampolines, espaces de restauration… Les opérateurs rivalisent d’imagination pour proposer aux familles des expériences adaptées, notamment aux enfants dès l’âge de 5 ans.
C’est précisément cette dynamique que la Directrice générale des Loisirs, Mme Isabelle Anoh, accompagnée de ses équipes et appuyée par la Direction régionale Abidjan-Sud, est venue observer. La démarche se voulait à la fois technique, immersive et prospective : évaluer les dispositifs de sécurité et d’accueil, recueillir les préoccupations des opérateurs, mais aussi écouter les parents et les enfants, particulièrement nombreux en cette période de vacances scolaires.
Sur le terrain, les investissements réalisés témoignent d’une confiance grandissante dans le potentiel économique des loisirs. L’histoire de Maciré Coulibaly, jeune Repat’ ayant investi pas moins de 250 millions de FCFA dans le secteur, en est une illustration. Son choix, porté par la conviction que « le bonheur est au pays », traduit aussi une tendance : celle d’Ivoiriens de la diaspora qui choisissent de transformer leur retour au pays en opportunité d’investissement et de création de valeur.
Pour le ministère, cette industrie ne doit donc plus être considérée comme une activité périphérique du tourisme. Elle participe désormais pleinement à la diversification de l’offre touristique nationale, aux côtés du tourisme d’affaires et de congrès, du balnéaire, du culturel et du patrimonial. Elle répond surtout à une demande nouvelle : celle de familles, de jeunes et de visiteurs à la recherche d’expériences accessibles, modernes, sécurisées et divertissantes.
Au nom du ministre du Tourisme et des Loisirs, Siandou Fofana, Isabelle Anoh l’a rappelé avec force : « Les loisirs ne sont pas un luxe, mais une nécessité pour l’épanouissement des familles et la vitalité de notre jeunesse ». Une vision qui prend tout son sens à l’observation des différents sites visités.
Les parcs de Cocody ne constituent d’ailleurs qu’un échantillon d’une dynamique qui dépasse largement les frontières de cette commune. Marcory, Yopougon et plusieurs villes de l’intérieur du pays, notamment Agnibilékrou, Bouaké et Yamoussoukro, voient également émerger ou se renforcer des espaces dédiés aux loisirs. Le sacre de Haliat Parc à Yamoussoukro, lauréat du Prix national d’excellence 2026, après Paradisia et Paradise Game les années précédentes, vient conforter cette progression.
Mais derrière les manèges, les jeux et les attractions, se dessine également une autre réalité : celle d’un secteur qui répond à un enjeu social. Les familles recherchent désormais des espaces où les enfants peuvent se divertir dans un environnement encadré et sécurisé. Les parcs deviennent ainsi des lieux de rencontre, de convivialité et de cohésion sociale, contribuant à renforcer l’attractivité d’une Côte d’Ivoire qui veut se positionner comme une destination familiale et inclusive.
La question de la sécurité apparaît, dès lors, comme un enjeu central. La Direction générale des Loisirs entend veiller à la conformité des installations et au respect des normes en vigueur. Les contrôles réguliers doivent permettre de sécuriser les équipements et de renforcer la confiance des usagers, mais également celle des investisseurs dont les capitaux contribuent à structurer cette nouvelle industrie.
À Bonoumin, le Club des Génies a particulièrement retenu l’attention. Robotique, arts graphiques, voyages éducatifs, initiation à la modélisation 3D, ateliers d’arts plastiques : le lieu dépasse le simple concept de parc d’attractions pour proposer une approche davantage orientée vers l’apprentissage par le jeu. Les échanges avec la DGL ouvrent également des perspectives autour de l’introduction ou de la valorisation des jeux traditionnels ivoiriens, notamment l’Awalé et le Guyot.
D’autres sites affichent leurs propres avantages comparatifs. À Playce Palmeraie, Naïma Land, conçu comme un espace multifonctionnel pour enfants, revendique plus de 1 500 visiteurs hebdomadaires et propose un encadrement assuré toute la journée par des équipes dédiées. À Abatta, Les Jardins associe châteaux gonflables, manèges et jeux virtuels, avec l’ambition d’aller plus loin grâce au développement prochain d’activités nautiques sur la lagune, notamment le pédalo.
Cette diversification de l’offre s’accompagne d’un autre enjeu majeur : l’emploi. Animateurs, techniciens, agents de sécurité, personnels d’accueil et autres métiers spécialisés trouvent dans cette industrie émergente des opportunités d’insertion, de formation et d’évolution professionnelle. Le développement des loisirs devient ainsi un levier d’employabilité pour la jeunesse et un outil de dynamisation de l’économie locale.
« Sublime Côte d’Ivoire fait des loisirs un pilier stratégique pour positionner notre pays comme hub africain, au service des enfants, des parents et des investisseurs », a souligné Isabelle Anoh. La Directrice générale des Loisirs insiste également sur l’exigence qui doit accompagner cette ambition : « La sécurité et la qualité des installations sont au cœur de notre engagement, car chaque sourire d’enfant doit être protégé ».
La tournée de la DGL dans les parcs de Cocody aura donc permis de prendre le pouls d’une industrie encore jeune, mais dont les perspectives apparaissent considérables. Elle révèle surtout que le tourisme ivoirien ne se joue plus uniquement dans les hôtels, les plages, les sites patrimoniaux ou les grands rendez-vous internationaux. Il se construit aussi dans ces espaces de loisirs où une famille vient passer quelques heures, où un enfant découvre la robotique en jouant, où un jeune trouve son premier emploi et où un investisseur transforme une idée en entreprise.
Pour « Sublime Côte d’Ivoire », le défi est désormais de faire de cette effervescence une véritable industrie, avec des standards élevés, des investissements durables, des compétences qualifiées et une identité ivoirienne assumée. Car si la Côte d’Ivoire veut devenir le hub africain des loisirs, elle devra autant savoir divertir que garantir la qualité, la sécurité et l’expérience qui feront revenir les visiteurs.
Parfait Amani
