Tourisme et Loisirs : des moines ivoiriens forment enfants et adultes aux techniques Shaolin à Aboisso

Du 24 au 27 août 2023, c’est plus d’une quarantaine de Maîtres de salle et sympathisants du Shaolin Kung fu qui ont effectué un stage d’apprentissage et de perfectionnement au Centre catholique Saint Jean-Baptiste d’Aboisso avec en prime une visite touristique au Zoo de Maféré. Les stagiaires ont été formés aux différentes techniques de Shaolin par les Instructeurs Shaolin les “Sifu” Zamblé Serge, Kouabenan Bérenger, Kouabenan Serge, Tétialy Parfait, N’Dri Kouadio Frédéric, N’Dri Philippe, Lella Marc Aurel, Tiessé Arnaud et Tié Bi Tiessé Jérôme, tout cela sous l’œil vigilant du Maître Kouamé Michel, responsable du club de Kung fu d’Aboisso. Entretien avec Maître Zamblé Serge, Président du Comité d’organisation des Camps de Formation Shaolin.

Présentez-vous à nos lecteurs.

Maître Zamblé Serge, Ceinture noire 3è Duan de la Fédération ivoirienne d’arts martiaux chinois

Je suis Maître Zamblé Serge, Ceinture noire 3è Duan de la Fédération ivoirienne d’arts martiaux chinois (Fiamc). Champion d’Afrique d’art martiaux chinois, communément appelé Kung Fu. Je suis également pensionnaire du monastère de Shaolin en Chine, titulaire d’un bachelor en administration des affaires obtenu à l’université technologique de Tianjin en Chine.

Vous avez organisé du 24 au 27 août 2023 un camp de formation Shaolin. Quels sont vos objectifs ?

Effectivement nous sommes à la 3è édition de ces camps de formation. L’objectif premier c’est de rapprocher la population ivoirienne des loisirs sportifs, surtout dans notre cas les arts martiaux chinois, qui viennent du monastère de Shaolin. Shaolin est connu à travers les films d’action chinois des années 60 à 70 jusqu’aujourd’hui. Cette discipline martiale, riche en vertus thérapeutiques a besoin d’être pratiquée par tous. Sans oublier l’aspect self-défense en cas d’agression. C’est aussi un facteur de rapprochement des uns et des autres. Pour cette édition nous avons des délégations du Burkina Faso, du Mali et des impétrants venus de l’intérieur du pays, enfants et adultes de tout genre.

Dites-nous, la pratique de cet art est-il un permis à tous ?

Oui bien évidemment, à partir de l’âge de 4 ans pour les tout-petits, jusqu’à 80 ans et plus. Il faut retenir que la pratique est adaptée à toute catégorie d’âges. Vous savez quand on est jeune on a plus de vivacité et à un certain âge il faut maintenir l’équilibre physique et moral par l’usage de techniques de respiration avec des mouvements physiques très lent et réparateur en vue d’améliorer la santé. Donc c’est ouvert à tout le monde.

Vous étiez à Shaolin en Chine, comment faut-il procéder pour s’y rendre ?

Pour ma petite expérience, j’y suis allé par une bourse que j’ai pu obtenir du gouvernement chinois suivant un programme culturel dudit gouvernement à l’endroit des africains pour une formation d’au moins trois mois. Au-delà de la bourse l’on peut s’y rendre directement en réunissant ses propres moyens.

Pour les voyages en Chine, nous supposons que la Fédération ivoirienne des arts martiaux chinois sert également de passerelle ?

Oui, la Fédération est l’organe qui fait la jonction entre le gouvernement chinois à travers le ministère de la culture et les candidats désireux de se rendre à Shaolin. Ce sont des programmes annuels biens spécifiques. La période du Covid avait ralenti ces voyages, mais peu à peu les choses sont entrain de reprendre.

En comparaison avec la Fédération ivoirienne de Taekwondo (Fitkd), la Fédération ivoirienne des arts martiaux chinois (Fiam) n’est pas bien connue. C’est un constat. Qu’est-ce qui crée ce handicap ?

Effectivement, vous n’avez pas tort, il faut dire les choses telles qu’elles le sont, il y a un problème de manque de communication au sein de la fédération ; ce qui fait que même pendant les périodes d’organisation de grands événements, l’informations ne passe pas bien. Si vous comprenez, c’est pour cela que nous organisations ces camps pour véhiculer des informations, etc.… et occuper aussi l’espace médiatique en vue de faire connaître notre art.

La pratique du Kung fu est très souvent confondue à la religion Bouddhiste. Faut-il allier la religion Bouddhisme à la pratique des arts martiaux chinois forcément ?

Non c’est une assertion et une compréhension erronée des choses. Pour la bonne compréhension de vos lecteurs. C’est vrai qu’à l’origine le Kung fu est né dans les Monastères en Chine. Donc au niveau des temples Bouddhistes on ne peut pas dissocier les deux. Mais de nos jours vue l’évolution, toutes personnes selon son obédience religieuse peut pratiquer les arts martiaux chinois. Nous en voulons pour preuve tous ceux qui sont aujourd’hui dans ce camp. Il y a des bouddhistes, des musulmans, des chrétiens ici. Nous faisons l’art martial pour le loisir.

Vous êtes des jeunes Moines ayant fait Shaolin en Chine et avez décidé de l’organisation de ces camps de formation. Avez-vous le soutien de la fédération ivoirienne des arts martiaux chinois ?

C’est un peu le bémol dans notre projet, mais nous essayons de faire avec les moyens de bords. Aujourd’hui on n’aurait quand même pu être soutenu par nos devanciers, par notre fédération, mais bof, pour des raisons que je n’évoquerai pas ici. On essaye de transmettre entre-nous ce que nous avons appris en Chine à nos frères pour qu’ils puissent vivre l’expérience de Shaolin. Vous voyez, malgré nos maigres moyens nos frères des pays voisins prennent leur billet pour venir bénéficier de nos acquis. Donc imaginez-vous si nous avons le soutien total de la fédération ce que sera ce camp de formation. Mais c’est parce qu’on ne veut pas attendre en vain. C’est une génération et nous entendons apporter notre contribution. Nous sommes à la 3è édition de ces camps. Les 2 premières éditions étaient compliquées mais nous grandissons et nous continuons nos efforts pour ne pas trahir l’esprit de famille et de partage acquis à Shaolin en Chine.

Revenons au camp de formation. Ici nous sommes dans cet agréable cadre qui présente quelques spécificités des temples Shaolin, au Centre catholique Saint Jean-Baptiste d’Aboisso. Dans un souci de décentralisation, est-ce que le camp peut être délocalisé ?

Oui, nous envisageons faire le camp l’année prochaine à Man, parce que beaucoup nous reproche un peu le fait que vue qu’il y a l’aspect des visites touristiques, ils souhaiteraient découvrir d’autres localités également. Et vue que l’ouest de notre pays regorge de belles choses au plan touristique, nous allons mener des démarches dans ce sens.

En réalité c’est juste aussi parce qu’à Aboisso le cadre est propice à la formation. Donc bien évidemment que si d’autres endroits respectent certaines conditions nous allons prospecter.

Quels sont donc ces conditions ?

Par exemple ici, le cadre est bâti sur une colline qu’il faut d’abord arpenter avant d’atteindre les infrastructures (logements, réfectoire, espace d’entraînement, …). Donc trouver des endroits de ce type à moindre coût en terme surtout d’hébergement, de restauration et de transport parce qu’il faut gérer tout ce monde qui se déplace.

Un appel à lancer à l’endroit des autorités et de la population ?

Oui, je vous remercie déjà, le fait que vous soyez un stagiaire aujourd’hui vous nous tendez votre micro, c’est déjà un très grand pas que tous vos instructeurs salut. À l’endroit de notre fédération nous leur demandons de nous aider à bénéficier de soutiens du Ministère des sports, et du Ministère du Tourisme et des Loisirs afin de nous aider à faire bénéficier à nos pratiquants et sympathisants les bienfaits de la pratique du Shaolin Kung fu. À l’endroit de la population c’est une invite à venir découvrir Shaolin et le savoir-faire de leurs frères moines que nous sommes. Et nous profitons de votre organe pour inviter tout le monde dans la même période d’août de l’année prochaine à venir participer au camp de formation Shaolin. Merci beaucoup à votre organe.

Interview réalisée par Parfait Amani.

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