Diabaté Issa, l’enfant de Bouaké. Un homme de terrain, féru de football. Venu au football par passion, Diabaté Issa est devenu une véritable icône pour ses nombreuses actions qu’il ne cesse de poser au quotidien pour la réussite du football dans la capitale du centre, Bouaké. Cet administrateur des services financiers, continue de donner pleine satisfaction aux jeunes footballeurs.
Au sortir de la CAN 2023 organisée et gagnée par la Côte d’Ivoire, le “soldat” Diabaté entend profiter de ce rayonnement national pour relever les nombreux défis qui attendent Bouaké Football Club.
Présentez-vous ?
Je suis Diabaté Issa, président de Bouaké Football Club, membre du comité exécutif de la FIF (Fédération Ivoirienne de Football). Président de la commission professionnelle et octroi de licence aux clubs.
D’où est venu votre passion pour le football ?
C’est tout petit que j’ai opté pour le foot, n’étant pas trop doué, il fallait choisir le foot ou les études. Et les études ont pris le dessus sur le foot. Toutefois, mon ambition était d’apporter mon soutien aux jeunes férus du ballon rond. C’est pourquoi, j’avais accepté de parrainer un tournoi de foot au mythique stade de “Yaoundé” de Bouaké pour être proche des jeunes footballeurs. Assis dans les tribunes, les spectateurs déploraient la situation de crise qui allait plomber ces jeunes talents, c’était en 2005. Dès lors, je me suis senti interpellé par ce cri de cœur. C’est ainsi que l’idée m’est venue de mettre sur pied une équipe, d’où la création de Bouaké Football Club, que je dirige actuellement. Pour que notre club soit engagé, nous nous sommes rendus à la préfecture de Yamoussoukro pour notre enregistrement. Parce qu’on voulait participer aux compétitions de la Fédération. Malheureusement, cette étape n’était pas suffisante pour y prendre part. Il fallait d’abord passer en assemblée. Or, l’entretien des jeunes du club nous coûtait les yeux de la tête, en tant que débutant sans grands moyens. Notre satisfaction est venue du côté de Sakassou, où les responsables de l’union sportive de Sakassou, qui participait à la division régionale, nous ont concédé l’équipe.
C’est avec ce club, que nous sommes parvenus en tête de poule en première Division. Malheureusement, on a été recalé pour licence hors délai. D’où notre relégation, hélas ! L’année qui a suivie, on a bouclé nos dossiers et notre club, Bouaké FC a fait un parcours sans faute. En D3, on a eu un sans-faute. C’est en D2, qu’on a repris. Et aux inter-ligues, c’est l’équipe de Gagnoa qui avait été sur la plus haute marche du podium. Ayant pris la mesure de la chose, nous sommes parvenus en D1, après une préparation minutieuse, puis tombés en D2, la même année. La volonté aidant, nous sommes revenus en D1. Depuis la saison 2015-2016, nous sommes en D1. Mais, pour nécessité de réhabilitation des stades, depuis 4 ans, nous jouons nos matchs à l’intérieur du pays. Il faut reconnaître que ce n’est pas de tout repos, on accuse beaucoup de fatigue à cause de ces déplacements qui nécessitent assez de moyens.
Quelle est la satisfaction que vous avez, en tant que dirigeant de club ?
C’est un réel plaisir pour moi d’apporter ma contribution à mon prochain, à nos jeunes footballeurs, afin de mettre leurs parents à l’abri du besoin. Dieu aidant, j’ai des rapports amicaux avec un club israélien, qui se charge de peaufiner la formation de nos jeunes à leur disposition, puis les placer en Europe. Nous avons déjà 4 jeunes qui évoluent en Europe.

Être dirigeant de club nécessite de gros moyens, n’est-ce pas ?
Absolument, on tourne autour de 200 millions par an, avec la subvention fédérale de 100 millions.
En D1, nos besoins s’articulent autour des voyages, des salaires, des primes, du quotidien et des imprévus. Actuellement, il existe une compétition des U20, c’est un peu l’équivalent de l’équipe première, il faut assumer les voyages Abidjan-Bouaké, en plus du football féminin. Ici, à Bouaké, on a signé un contrat de partenariat avec l’équipe amateur de foot féminin, avec une prise en charge de 25%.
Bouaké a été une belle vitrine de la CAN 2023, n’est-ce pas !
Tout à fait, nous sommes au labo, en vue de redynamiser nos acquis. Nous travaillons à attirer des investisseurs et des sponsors pour le maintien de nos installations. Vu que Bouaké Football Club évoluera sur ses bases cette année.
Au vu de vos acquis, Bouaké FC devrait jouer les premiers rôles ?
Il faut que Bouaké prenne sa place de 2è grande ville de la Côte d’Ivoire. Car les infrastructures sont là. On a 4 terrains d’entraînement, 2 stades et une cité CAN sur place. Nous allons profiter des retombées touristiques de la CAN également pour nous positionner. Les infrastructures dont Bouaké dispose aujourd’hui à la faveur de la CAN méritent d’être entretenu par tous. Et nous en notre qualité de dirigeant de club allons y travailler. Il nous faudra mutualiser nos efforts avec nos autorités. À Bouaké, la municipalité nous octroie une modeste contribution. Nous souhaitons avoir une constante évolution contributive avec monsieur le Maire de Bouaké, à l’instar des communes de Gagnoa et d’Abengourou. Nous attendons le clin d’œil du Maire, qui nous a demandé de lui faire des propositions sur cinq ans.
Votre mot de fin !
Le développement de Bouaké Football Club dépend des forces vives de la vallée du Bandaman. C’est pourquoi, nous allons approcher les entreprises en vue d’associer leur image au soutien du BFC. Ainsi nous fidéliserons nos supporters comme en Europe. Ensemble, nous jouerons un rôle éminemment important pour la survie de Bouaké Football Club.
Entretien réalisé par Charles Yao et KA Georges
