Tourisme et digitalisation : Kim Tran veut transformer les recommandations en réservations réelles avec Trenderz

Dans cet entretien accordé au REPTHOCI.NET, Kim Tran, directrice générale et cofondatrice de Trenderz, revient sur la genèse et les ambitions de cette plateforme panafricaine de réservation conçue à Abidjan. Forte de son expérience dans le marketing d’influence, elle explique comment Trenderz transforme les recommandations et le bouche-à-oreille en réservations réelles et rémunérées pour les acteurs du tourisme et des loisirs. Elle livre également son regard sur la dynamique du tourisme ivoirien, l’importance de la digitalisation des établissements et les perspectives de partenariats visant à renforcer la visibilité et la compétitivité de la destination Côte d’Ivoire.

 1) Bonjour. Pour commencer, pouvez-vous vous présenter à nos internautes ?

Bonjour, et merci au REPTHOCI pour cette invitation. Je suis Kim Tran, directrice générale et co-fondatrice de Trenderz. J’ai passé près de dix ans dans le marketing d’influence en Afrique francophone avant de fonder Trenderz à Abidjan en 2024. C’est ce parcours qui m’a fait toucher du doigt le vrai problème : les établissements de tourisme et de loisirs ne veulent pas investir dans le marketing uniquement pour des vues ou des likes, ils veulent des clients qui réservent. Trenderz est né de là, et nous le construisons depuis Abidjan, pour le marché africain, avec une équipe locale.

2) Pouvez-vous nous expliquer ce qu’est Trenderz et quelle est sa mission ?

Trenderz est une plateforme panafricaine qui transforme la recommandation et le bouche à oreille en réservations réelles, mesurables et rémunérées pour les établissements de tourisme et de loisirs tels que les hôtels, restaurants, spas, activités, événements….

Le principe est simple. En Afrique de l’Ouest, le premier réflexe quand on cherche où dormir, manger ou sortir, ce n’est pas un moteur de recherche : c’est d’appeler un ami de confiance ou de suivre un créateur sur les réseaux sociaux dont on aime le goût. Ce bouche-à-oreille physique et digital est le canal de décision le plus puissant du continent, mais il était invisible et jamais monétisé. Trenderz le rend traçable : un créateur ou un recommandeur partage un établissement avec un lien de réservation tracable, sa communauté ou ses amis réservent par ce lien, et l’établissement ne paie qu’à la réservation confirmée. Nous gérons tout : la page de réservation, l’acompte, le paiement par Mobile Money, le suivi en temps réel. Notre mission, c’est de devenir l’infrastructure de réservation et d’acquisition client de référence en Afrique, sur un modèle 100% à la performance. Concrètement : permettre à chaque établissement africain de transformer sa visibilité sur les réseaux en clients réels, sans avancer un franc.

3) Comment le grand public peut-il bénéficier des services et avantages offerts par votre plateforme ?

Le grand public est gagnant des deux côtés. En tant que voyageur ou client, Trenderz vous donne accès aux meilleures adresses recommandées par des gens dont vous suivez et appréciez réellement le goût, pas une pub anonyme. Et vous y trouvez des offres exclusives, négociées avec les établissements, dont vous ne profitez qu’en réservant via la plateforme : une réduction, un cocktail offert, un surclassement. Vous réservez en confiance, l’expérience est cadrée. En tant que personne qui recommande déjà, en tant qu’ami qu’on appelle toujours pour une bonne table ou un bel hôtel, Trenderz vous permet de transformer ces recommandations en revenus. Vous créez votre page de recommandation, vous y listez vos adresses préférées, vous la partagez, et quand vos proches réservent, vous touchez une commission. Le comportement existe déjà partout en Côte d’Ivoire ; nous lui donnons simplement une structure et une valeur.

4) Quel regard portez-vous aujourd’hui sur le secteur du tourisme en Côte d’Ivoire dans son ensemble ?

Je suis profondément optimiste. La dynamique impulsée autour de l’ambition Sublime Côte d’Ivoire a changé l’échelle des attentes : le pays s’équipe, la capacité d’accueil progresse, et Abidjan s’affirme comme un hub touristique de la sous-région. Le potentiel est réel, et le tourisme interne, que le REPTHOCI défend justement, est un gisement encore sous-exploité.

Là où je vois un chantier, c’est sur la digitalisation des établissements. Beaucoup d’hôtels et de restaurants ivoiriens n’ont aucun système de réservation ou dépendent des plateformes internationales qui prélèvent 15 à 25% de commission, ou ont essayé le marketing d’influence sans jamais savoir ce qu’elle leur a rapporté en réservations. Résultat : ils paient leur marketing à l’avance, sans garantie. Notre conviction, c’est que la Côte d’Ivoire n’a pas besoin de copier des modèles importés de l’occident; elle a besoin d’outils pensés pour sa réalité : paiement mobile, communication WhatsApp, créateurs et recommandeurs locaux. Le tourisme ivoirien gagnera quand chaque petit établissement de quartier, et pas seulement les grandes chaînes, pourra remplir grâce au digital sans prendre de risque financier.

5) Disposez-vous déjà de partenariats avec des établissements hôteliers, des sites touristiques ou d’autres acteurs du secteur ? Si ce n’est pas encore le cas, envisagez-vous de développer ce type de collaboration afin de renforcer votre plateforme ?

Oui, c’est déjà le cœur de notre activité. Depuis notre lancement, plus de 500 établissements nous font confiance à travers 5 pays, et la Côte d’Ivoire est notre marché principal. Des adresses connues des Abidjanais travaillent déjà avec nous, je pense par exemple à Seen Hotel ou au Rooftop d’Abidjan, aux côtés de restaurants, spas et lieux de loisirs de toutes tailles. Et nous voulons aller beaucoup plus loin, en particulier auprès des établissements indépendants et des sites touristiques de l’intérieur du pays. Notre proposition est sans risque : l’inscription est gratuite, il n’y a aucun frais fixe ni abonnement, et on ne paie qu’en cas de réservation confirmée. Tout établissement qui nous lit aujourd’hui peut s’inscrire et être en ligne en quelques minutes.

6) Plus globalement, envisagez-vous de nouer des partenariats stratégiques ? Si oui, avec quels types d’organisations ou d’acteurs ?

Absolument, et c’est même une priorité pour nous cette année. Au-delà des établissements, nous voulons nous inscrire dans l’écosystème institutionnel du tourisme ivoirien. Nous sommes ouverts à collaborer avec les structures qui structurent la filière: Côte d’Ivoire Tourisme, le Ministère du Tourisme et des Loisirs, les fédérations professionnelles, les organismes de formation hôtelière, … pour mettre notre technologie au service de l’ambition nationale, notamment sur le tourisme interne. Nous travaillons aussi avec les acteurs du paiement mobile, qui sont essentiels à notre modèle en Afrique, et nous sommes naturellement ouverts aux médias spécialisés comme le vôtre. Notre logique de partenariat est simple : tout acteur qui veut rendre le tourisme ivoirien plus visible, plus mesurable et plus rémunérateur pour les locaux est un allié.

7) Quelle appréciation faites-vous du REPTHOCI (Réseau de la Presse Touristique et Hôtelière de Côte d’Ivoire) ainsi que de son média en ligne, www.repthoci.net, qui œuvre pour la promotion du tourisme et de l’hôtellerie en Côte d’Ivoire ?

J’ai un grand respect pour le travail du REPTHOCI. Dans un secteur où l’on manque cruellement de données et de visibilité, vous faites un travail de fond : vous racontez la destination Côte d’Ivoire sous son plus beau jour, vous donnez la parole aux opérateurs, vous mettez en lumière des sites que peu de gens connaissent, et vous défendez le tourisme interne. C’est exactement ce dont la filière a besoin.

J’apprécie particulièrement que le réseau ne se contente pas de couvrir l’actualité, mais qu’il participe activement à la professionnalisation du secteur, jusque dans le dialogue public-privé. Un média qui œuvre pour la promotion et la structuration du tourisme, c’est un partenaire de croissance pour tous les acteurs, et clairement un allié pour une plateforme comme la nôtre, qui veut donner de la visibilité aux belles adresses ivoiriennes. Bravo pour cet engagement, et longue vie à repthoci.net.

8) Pour conclure cet entretien, quel message souhaiteriez-vous adresser à nos lecteurs, à vos utilisateurs actuels et à ceux qui découvrent Trenderz aujourd’hui ?

À vos lecteurs et aux établissements qui nous découvrent : vous avez quelque chose d’unique à offrir, et le monde veut le découvrir. Vous n’avez plus besoin de choisir entre payer des commissions élevées à des plateformes étrangères et investir à l’aveugle. Inscrivez-vous gratuitement, sans engagement, et ne payez que lorsqu’un client réserve réellement chez vous. À ceux qui recommandent déjà leurs adresses préférées à leurs proches : votre goût a de la valeur, et il peut vous rapporter.

Et plus largement, mon message est un message de fierté. Nous construisons cette infrastructure depuis Abidjan, par des Africains, pour l’Afrique. Faisons découvrir au monde les plus belles expériences de Côte d’Ivoire et nous le faisons en valorisant ceux qui les vivent et ceux qui les font vivre.

Entretien réalisé par KRA Parfait

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