À l’approche des grandes vacances scolaires, le ministère ivoirien du Tourisme et des Loisirs hausse le ton sur l’encadrement des colonies de vacances, centres aérés et séjours éducatifs destinés aux enfants. Lors d’une conférence publique consacrée à la réglementation du secteur, Mamadou Keïta, directeur des parcs de loisirs, d’attractions et jeux numériques au ministère du tourisme et des loisirs, responsable en charge du dossier, a réaffirmé la volonté des autorités de garantir des vacances plus sûres et mieux organisées pour les mineurs.
Face à l’essor grandissant des activités de loisirs pour enfants, Mamadou Keïta estime qu’il devient indispensable d’imposer un cadre strict afin d’éviter toute improvisation dangereuse. Chaque année, des milliers d’enfants participent à ces programmes, parfois sans véritable encadrement, exposant ainsi les familles à de multiples risques. C’est justement pour répondre à cette réalité que le décret n°2023-24 du 18 janvier 2023 a été adopté afin de mieux structurer le secteur et protéger les enfants.
Le responsable a tenu à préciser que cette réforme ne vise pas à freiner les initiatives privées ou associatives. L’objectif est plutôt de professionnaliser durablement le secteur, instaurer un climat de confiance avec les parents et identifier les structures capables d’assurer des conditions optimales d’hébergement, de transport, de restauration et d’encadrement pédagogique.
S’adressant directement aux familles, Mamadou Keïta a invité les parents à redoubler de vigilance avant toute inscription. Il recommande notamment de vérifier que l’organisateur figure sur la liste officielle validée par le ministère, d’exiger l’autorisation administrative, de consulter le projet pédagogique, de vérifier la couverture d’assurance ainsi que les qualifications des animateurs.
À ce jour, 75 structures ont déjà reçu une autorisation officielle, tandis qu’une centaine d’autres sont engagées dans le processus de régularisation, signe d’une meilleure adhésion progressive des acteurs du secteur.
Concernant les opérateurs exerçant encore sans autorisation, le message est clair : toute structure non déclarée dispose de 48 heures pour se mettre en conformité. Passé ce délai, les autorités procéderont à la fermeture immédiate des activités. En cas de mise en danger des enfants, des poursuites judiciaires pourront également être engagées.
Le ministère prévoit par ailleurs des contrôles renforcés avant, pendant et après les activités de vacances. Cette opération s’accompagnera d’une vaste campagne nationale de sensibilisation impliquant autorités administratives, collectivités locales, forces de sécurité, associations et médias.
En clôture, Mamadou Keïta a salué le rôle déterminant de la presse dans la réussite de cette réforme, estimant que les médias demeurent des partenaires essentiels pour sensibiliser les populations et promouvoir une culture de vacances responsables.
À travers cette réforme portée par le ministre du Tourisme et des Loisirs, Siandou Fofana, la Côte d’Ivoire affiche son ambition de faire des vacances des enfants un véritable espace d’apprentissage, d’épanouissement et de découverte, dans un environnement sécurisé et conforme aux nouvelles exigences de qualité du secteur.
Charles L.
