À l’approche de la quatrième édition de la Convention Afrique, prévue du 15 au 17 septembre 2026 à Paris, en marge de l’IFTM, son initiateur, Oumar Kambé, défend une vision qui dépasse le simple cadre événementiel. Dans cet entretien accordé à Parfait KRA, il dévoile les ambitions de cette plateforme destinée à rapprocher décideurs publics, entreprises, investisseurs, experts et diasporas autour de projets concrets pour l’Afrique. De la place stratégique de Paris au choix du tourisme comme secteur inaugural, il revient sur les enjeux, les résultats attendus et l’ambition de faire de la Convention Afrique un véritable accélérateur de partenariats et d’opportunités pour le continent.
Monsieur Oumar Kambé, La Convention Afrique se veut bien plus qu’un rendez-vous professionnel. Quelle ambition avez-vous réellement portée en lançant cette initiative ? S’agissait-il simplement de créer un événement supplémentaire ou de proposer un nouveau modèle de rencontre ?
Oumar Kambé : Très sincèrement, si notre ambition avait été d’organiser un événement supplémentaire, nous ne l’aurions probablement pas fait. Il existe déjà de nombreux salons, forums et conférences de qualité. Notre réflexion était différente, nous voulions créer un espace où les échanges ne s’arrêtent pas aux discours. Un espace où les décideurs publics, les entreprises, les investisseurs, les experts, les diasporas et les partenaires internationaux puissent construire ensemble des perspectives concrètes. La Convention Afrique n’est pas pensée comme une vitrine, elle est pensée comme un accélérateur d’idées, de rencontres utiles et de projets.
Nous avons choisi le tourisme cette édition parce qu’il constitue un formidable levier de développement économique, mais la philosophie de la Convention va bien au-delà d’un secteur d’activité. Elle repose sur une conviction simple : les grands défis africains ne pourront être relevés que si les acteurs qui détiennent une partie des solutions apprennent à travailler davantage ensemble.
Si, après chaque édition, des projets naissent, des partenariats se renforcent et des décisions se concrétisent, alors nous considérerons que la Convention a pleinement rempli sa mission.
Vous avez évoqué la nécessité de créer un espace favorisant les rencontres et les synergies. À quel moment cette conviction s’est-elle imposée à vous : l’Afrique avait-elle besoin de son propre espace de réflexion et de dialogue au sein d’un grand salon international ?
Oumar Kambé : C’est une conviction qui s’est construite au fil des années. À force d’échanger avec des responsables publics, des chefs d’entreprise, des investisseurs et des acteurs du développement, un constat revenait régulièrement : les opportunités existent, les talents existent, les projets existent, mais ils se rencontrent encore trop rarement dans un cadre pensé pour favoriser la coopération.
Nous parlons souvent de l’Afrique comme d’un continent d’opportunités, pour ma part, je pense qu’elle est surtout un continent de solutions. Encore faut-il créer les conditions pour que ces solutions se rencontrent, se structurent et deviennent des projets. C’est cette réflexion qui a progressivement donné naissance à la Convention Afrique.
Un choix peut toutefois surprendre : pourquoi avoir installé cette dynamique à Paris plutôt que directement sur le continent africain ? Quel rôle cette ville doit-elle jouer dans votre stratégie ?
Oumar Kambé : Ce choix est souvent mal interprété. Paris n’est pas une destination de substitution à l’Afrique. C’est un point de rencontre où chaque année, cette ville accueille des décideurs publics, des investisseurs, des entreprises internationales, des institutions, des organisations professionnelles et une importante diaspora africaine.
Nous avons souhaité utiliser cette concentration d’acteurs pour créer un pont vers le continent. Notre ambition est de faire rayonner l’Afrique là où se prennent aussi des décisions d’investissement, de coopération et de partenariat. Le lieu importe moins que l’objectif, ce qui compte, c’est de créer de la valeur pour l’Afrique. Je suis convaincu que demain, la Convention Afrique pourra également s’exprimer dans plusieurs capitales africaines. En bon entendeur pour nos autorités africaines…
Pour cette quatrième édition, vous avez fait le choix stratégique de placer le tourisme au cœur des échanges. Pourquoi avoir choisi précisément ce secteur comme point de départ de la Convention Afrique ?
Oumar Kambé : Parce que le tourisme est probablement l’un des secteurs qui résume le mieux les défis et les opportunités du développement africain. Lorsque l’on parle de tourisme, on pense souvent aux voyageurs. En réalité, on parle aussi de transport, de formation, d’hôtellerie, de restauration, de patrimoine, de culture, d’artisanat, de numérique, d’investissement, d’aménagement du territoire et d’emploi. Autrement dit, le tourisme relie des secteurs qui, trop souvent, travaillent séparément.
C’est aussi un formidable outil de valorisation de notre identité et de notre patrimoine. C’est un secteur qui produit des effets concrets pour les populations locales lorsqu’il est pensé dans une logique de développement durable et d’inclusion. Voilà pourquoi nous avons choisi le secteur du tourisme. Mais la Convention Afrique a vocation à ouvrir le dialogue sur d’autres secteurs stratégiques du développement du continent.
Au-delà des discours, des rencontres et de la visibilité médiatique, quels résultats concrets aimeriez-vous pouvoir mesurer quelques mois après la Convention Afrique, notamment au lendemain du 17 septembre ?
Oumar Kambé : Si au lendemain de la Convention, nous parlons uniquement du nombre de participants ou de conférences organisées, alors nous aurons manqué notre objectif. La réussite se mesurera plusieurs mois plus tard. Elle se mesurera au nombre de partenariats conclus, aux projets qui auront été lancés, aux investissements qui auront été facilités, aux collaborations entre institutions et entreprises, enfin, aux initiatives qui trouveront leur origine dans les échanges de la Convention.
Pour moi, un événement n’a de valeur que par les conséquences qu’il produit.
Plusieurs pays africains sont annoncés autour de cette dynamique. Pouvez-vous nous préciser les pays déjà confirmés pour l’IFTM et, par conséquent, pour la Convention Afrique ?
Oumar Kambé : La Côte d’Ivoire, le Sénégal, le Maroc, les Comores, le Bénin, la RDC, le Congo, le Togo, la Sierra Leone, la Tanzanie et la Namibie. Nous attendons encore quelques retardataires.
Entretien réalisé par K.A Parfait
