À Abidjan, le lancement de la campagne nationale de sensibilisation au recouvrement de la Taxe de Développement Touristique (TDT) ouvre une nouvelle étape dans la stratégie de financement du secteur. Porté à 2,5 % et étendu à l’ensemble des établissements touristiques et de loisirs, le dispositif entend renforcer les ressources consacrées à la promotion, à la modernisation et à la compétitivité de la destination ivoirienne.
Abidjan, 18 août 2026 – Le secteur touristique ivoirien veut désormais disposer de ressources à la hauteur de ses ambitions. C’est tout le sens de la campagne nationale de sensibilisation pour le recouvrement de la Taxe de Développement Touristique (TDT), lancée mardi 18 août à l’Hôtel des Armées d’Abidjan-Plateau.
La rencontre a réuni des représentants de l’administration, des collectivités territoriales, des professionnels du tourisme et des organisations faîtières autour d’un objectif commun : expliquer le nouveau mécanisme de la TDT, son mode de recouvrement et surtout sa finalité pour l’écosystème touristique ivoirien.
Représentant le ministre du Tourisme et des Loisirs, Siandou Fofana, le Directeur de Cabinet, Daniel Andi Leal, a tenu à clarifier la responsabilité des opérateurs concernés par cette taxe. « Vous n’êtes pas les redevables économiques de cette taxe. Vous en êtes les collecteurs. Et, in fine, les bénéficiaires », a-t-il expliqué.
Cette précision prend tout son sens avec l’élargissement de l’assiette de la TDT à l’ensemble des établissements touristiques et de loisirs. Hôtels, restaurants, agences de voyages, sites de loisirs et de divertissement, guides et autres acteurs concernés sont désormais appelés à participer pleinement à ce mécanisme.
Le principe est simple : le visiteur contribue, le professionnel collecte et le Fonds de Développement Touristique investit. Les ressources ainsi mobilisées doivent notamment servir à financer la promotion de la destination, la modernisation du secteur, la formation des professionnels et le renforcement de l’attractivité touristique de la Côte d’Ivoire. Autre évolution majeure, le taux de la TDT passe de 1,5 % à 2,5 %. Cette réforme intervient alors que la Côte d’Ivoire entend accélérer la mise en œuvre de sa stratégie « Sublime Côte d’Ivoire » et poursuivre son ambition de figurer parmi les cinq premières destinations touristiques africaines à l’horizon 2030.
Pour Daniel Andi Leal, la mobilisation des ressources intérieures constitue une condition essentielle pour donner au tourisme ivoirien les moyens de ses ambitions. Après les difficultés liées à la pandémie de Covid-19, cette nouvelle dynamique doit permettre au secteur de disposer de ressources plus importantes et plus pérennes pour soutenir son développement.
La réforme met également l’accent sur la traçabilité des ressources collectées. Le mécanisme de recouvrement est désormais assuré par les régies de l’État, notamment les services des Impôts, du Trésor et de la Décentralisation. Une organisation destinée à renforcer la transparence dans la collecte, le reversement et l’utilisation des fonds consacrés au développement touristique.
Le Président du Fonds de Développement Touristique, Dr Marcel N’Guettia, a précisé le rôle de son institution dans ce nouveau dispositif. Le FDT assure notamment la coordination sectorielle, la production de supports pédagogiques et l’accompagnement des opérateurs à travers des points focaux régionaux.
Les collectivités territoriales sont également appelées à jouer un rôle important dans la mobilisation locale. Fidèle Yapi, Directeur général de la Décentralisation et du Développement local, a souligné l’importance de leur implication dans cette dynamique, tandis que Tchétché Noël Gballou, Directeur de la Fiscalité locale, a présenté les innovations fiscales introduites par l’Annexe fiscale 2026.
De son côté, Guibéhi née Ahoussi Lydie, Directrice de la Paierie générale du secteur parapublic, a insisté sur la rigueur nécessaire dans les procédures de reversement afin de garantir une gestion efficace et transparente des ressources.
Les organisations professionnelles, notamment la FNIH, la FENITOURCI, le MOPEN, l’APV, l’UNP-CI et bien d’autres, sont, quant à elles, appelées à accompagner l’État dans la sensibilisation des acteurs et la diffusion de l’information auprès de leurs membres. À travers cette campagne nationale, la Côte d’Ivoire veut ainsi instaurer un véritable cercle vertueux du financement touristique. Les visiteurs contribuent, les professionnels collectent et les ressources mobilisées sont réinvesties dans la promotion, la modernisation, la formation et l’attractivité de la destination.
La TDT apparaît dès lors comme bien plus qu’un simple mécanisme fiscal. Elle se veut un levier stratégique pour donner à « Sublime Côte d’Ivoire » les moyens de ses ambitions, renforcer la compétitivité des entreprises touristiques et faire du tourisme un moteur encore plus puissant du développement économique et territorial du pays.
Pour le secteur, le message est désormais clair : les professionnels collectent, les professionnels bénéficient et, à travers eux, c’est toute la destination Côte d’Ivoire qui doit gagner en visibilité, en attractivité et en compétitivité.
Patrick B.
