La vulgarisation du Tourisme intérieur est devenue un enjeu pour les opérateurs. Mais cela ne peut se faire sans le secteur hôtelier. Dans cette Interview, Mme Irène Nevry, gérant de l’hôtel Coral Blue à Jacqueville présente les atouts, mais aussi les difficultés des opérateurs dans ce domaine.
Quels sont les produits et services que vous proposez dans votre établissement ?
Nous sommes un complexe hôtelier donc nous avons des chambres, un restaurant. Nous avons aussi le bord d’océan où les gens peuvent se ressourcer. Nous avons aussi une piscine.
Qu’est-ce qui fait la spécificité de votre établissement ?
Nous voulons être une référence à Jacqueville. Et nous avons mis tout en œuvre pour que quand le client rentre, il soit ébloui. En principe quand on vit à l’extérieur du pays et qu’on rentre, on prend ce qu’on a vu de positif de l’autre côté. Je le dis parce que cela fait beaucoup d’années que nous avons vécu en Suède. Malgré les opportunités qu’on avait, nous nous sommes dit qu’il fallait qu’un jour on rentre chez nous. Nous avons appris. Ce que nous avons vu et entendu, c’est ce que nous avons apporté à Coral Blue.
Quelle est votre approche pour que le client puisse revenir après son départ ?
Lorsque le client arrive, il rentre en contact avec le vigile qui l’accueille et l’accompagne jusqu’à une certaine distance dans l’enceinte de l’établissement. De là, le serveur vient le prendre, il lui parle, lui souhaite la bienvenue. Ce rapprochement avec le personnel est quelque chose que nous avons inculqué au personnel. C’est ce que nous avons vécu de l’autre côté que nous avons transmis à nos collaborateurs.
Malgré cet investissement lourd que vous avez effectué, Jacqueville connait des coupures intempestives d’électricité. Comment vivez-vous cette situation en tant qu’hôtelier ?

Nous le vivons très difficilement. Des fois même il y a un peu de regret. Quand on venait investir à Jacqueville, nous ne nous sommes pas rendu compte qu’il y avait un gros problème d’électricité. Pour nous, Jacqueville fait partie du grand Abidjan donc il ne devrait pas y avoir de problème. C’est quand nous sommes venus nous installer et qu’on a ouvert le complexe qu’on a su qu’il y avait un gros problème d’électricité. Cela était très stressant pour nous. La première semaine que nous avons ouvert, nous n’avons pas pensé à acquérir un groupe électrogène.
Toute la nuit, réfléchissant, nous nous sommes dit que peut être que c’est un faux business. Et ça continue jusqu’aujourd’hui. Et là mon cri de cœur c’est que lorsque le pont a été fait, les investissements n’ont pas vraiment suivi. J’en appelle à tous ceux qui peuvent régler ce problème. Il ne faut pas qu’on pense qu’en hôtellerie, le client vient, mange, dort et il part ! C’est un canal de développement d’un pays. Il y a des pays qui ne vivent que du Tourisme. Mais quand le client arrive, voit l’espace beau, les chambres propres et qu’il ne peut pas dormir tranquillement, ce n’est pas la peine. C’est le souci que nous avons.
On nous dit que les choses sont en train de se mettre en place, mais c’est toujours pareil. Malgré le fait que nous avons la Compagnie ivoirienne d’électricité (CIE), nous sommes obligés de mettre le groupe électrogène en marche quand nous avons des clients. Même quand il y a la Cie, le groupe n’est pas interrompu. Aujourd’hui, nul n’est sensé ignoré que le prix du carburant a augmenté. Imaginez le carburant qu’on met à 8h ou 9h jusqu’au lendemain, ce que cela nous coûte ! Si les gens peuvent faire quelque chose pour nous aider, vraiment ce serait une grâce si je peux m’exprimer ainsi.
Interview réalisée par Serge AMANY
